Carré des marques à Romorantin : projet accepté, place aux recours

Le projet de village de marques de Romorantin est accepté. Quatre voix pour, deux contre. La commission d’équipement commercial (CDEC) s’est prononcée hier. Le collectif de commerçants devrait engager des recours.

L’info tombe vers 16 heures, hier : la Commission départementale d’équipement commercial (CDEC) valide le projet de village de marques de Romorantin. Le maire romorantinais, Jeanny Lorgeoux, est le premier à sortir de la salle, au troisième étage de la préfecture blésoise. Il est radieux, embrasse Marina Jestin, responsable du projet chez Unibail, et remercie chaleureusement le représentant des associations de consommateurs, Bernard Torchet, dont le vote a décidé le scrutin : quatre voix « pour », deux « contre » (*). Alain Courtois, président de la chambre de commerce, se dit « très déçu » de cette décision, mais ne paraît pas abattu. Les opposants au projet savent que la bataille peut continuer. Ils devraient porter l’assaut sur le terrain juridique. Le collectif de commerçants et les chambres de commerce régionales devraient logiquement engager un recours. Ils ne pourront pas le faire auprès de la Commission nationale d’équipement commercial (CNEC). Selon la législation, il leur faudrait l’appui de Jeanny Lorgeoux, Jean-Pierre Albertini, maire de Salbris, ou le préfet. Ce qui paraît bien peu probable, vu le vote d’hier. Pour les commerçants, les seuls recours possibles devront être déposés au tribunal administratif. Ils pourront contester à la fois le fond du dossier, et la procédure qui a mené à cette CDEC. Si le tribunal valide leurs requêtes, la décision d’hier sera cassée. Il faudra reprendre de zéro. Les commerçants vont devoir patienter deux mois pour engager leurs recours. C’est le délai retenu pour publier la décision de la CDEC dans les annonces légales des journaux, et l’afficher à la mairie de Romorantin. Le collectif disposera ensuite de deux nouveaux mois pour lancer sa procédure. En clair : nous voici partis pour quatre mois de « stand-by ». Les recours devraient ensuite demander de nombreux mois d’examen. Pendant tout ce temps, Unibail ne lancera pas la construction de son village de marques. « Nous attendrons d’avoir toutes les autorisations administratives », répète Marina Jestin. Voilà qui promet d’être long… Car après la « CDEC », s’ouvrira la procédure sur le permis de construire. Le collectif de commerçants devrait avoir de nouveau la possibilité d’engager des recours, et retarder d’autant la concrétisation du projet. Soutenus par les fédérations nationales de l’habillement, de la maroquinerie, de la chaussure et de l’équipement de la maison, ils expliquent avoir les « reins » financiers pour porter plusieurs mois, voire des années, de procédures.

Des recours du collectif de commerçants pourraient imposer des mois de procédures

Pourraient-ils l’emporter, décourager Unibail ? Marina Jestin assure de sa volonté de mener à terme le dossier romorantinais. Pendant tout ce temps, ce seront finalement les Romorantinais qui vont s’impatienter. Dans la capitale solognote, l’opinion est majoritairement « pour » le « Carré des marques »… et vite. Ils insistent sur le contexte traumatique post-Matra : des emplois, une nouvelle dynamique économique.

(*) Jeanny Lorgeoux, maire de Romorantin et président de l’intercommunalité, Jean-Pierre Albertini, maire de Salbris, les consommateurs ont voté « pour ». La chambre de commerce et la chambre de métiers ont voté « contre ».

Cécile LASCEVE Jean-Louis BOISSONNEAU Emmanuel VAUTIER

http://www.lanouvellerepublique.fr

18/01/2008

 

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