Carré des marques de Romorantin : Unibail souhaite se retirer

Le maire de Romorantin Jeanny Lorgeoux sera reçu aujourd’hui au ministère de l’Économie. Il entend obtenir un dédommagement de l’investisseur.

Depuis plusieurs semaines, Jeanny Lorgeoux, le maire de Romorantin, abordait le dossier avec mesure, employant le conditionnel et évoquant simplement (la NR du 10 décembre) des « discussions armées » en cours avec Unibail, le principal investisseur du Carré des marques. Hier soir, en conseil communautaire, l’élu s’est fait plus affirmatif. « Unibail a fait savoir qu’il désirait se retirer, alléguant l’opposition opiniâtre de quelques commerçants régionaux » a-t-il expliqué, avant d’ajouter : « Je pense que ce n’est qu’un prétexte ».

Exit le projet de village de marques, ces 86 boutiques d’enseigne haut de gamme, les 53 millions d’euros d’investissement et les quelque 300 emplois annoncés ? Le maire a bien vite relativisé, présentant divers scénarios. Du côté juridique tout d’abord. « En mai 2010, la cour d’appel de Nantes doit se positionner sur le recours des commerçants, que nous avons gagné en première instance, a-t-il rappelé. Supposons qu’elle nous donne une nouvelle fois raison. On a alors toutes les autorisations pour continuer, Unibail reste solidaire et investit : je n’y crois plus. Mais si la cour rejette notre dossier, c’est cuit… »

3 ou 4 grands groupes à démarcher

Et le maire de revenir sur l’engagement des investisseurs. « La SAS des Grandes Bruyères est détentrice du projet et du terrain. Ema Invest en est actionnaire à 98 %, Unibail à 2 %. Il était convenu entre eux que dès que le dossier serait prêt pour la construction, Unibail rachèterait les 100 %. » Unibail abandonnant la partie, Ema Invest est donc libre de continuer. « On pourra donc démarcher les 3 ou 4 grands groupes internationaux, capables d’un tel investissement, et basés en Allemagne, aux États-Unis et en Angleterre… » D’eux seuls dépendrait donc désormais le salut du projet. Aujourd’hui à 16 h 30, le maire de Romorantin sera reçu au cabinet du ministère de l’Économie et des Finances, accompagné de Jean Audouin P-DG d’Ema Invest, du député Patrice Martin-Lalande et avec le soutien du président du conseil général Maurice Leroy. « Nous demandons l’intercession ministérielle afin qu’Unibail nous rembourse les frais engagés et nous dédommage. D’abord parce que ce serait la moindre des choses après ce nombre d’heures de travail passées sur le dossier… Ensuite parce que nous avons gelé des terrains pour le Carré des marques et pour cela refusé des implantations de sociétés. Nous avions encore agrandi notre giratoire et fait de cette chaîne touristico-commerciale (avec Center Parcs et le projet de village vacances à Dhuizon…) un pivot de gestion de crise et de repositionnement… » Et le maire de conclure, enfin : « Nous sommes en état de perplexité armée, j’ai sorti la culasse… Mais nous sommes entre gens bien élevés et j’espère que la raison l’emportera ! »

Cécile Lascève

Source : la Nouvelle République, 15.12.2009

 

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