Coté à la Bourse de Londres depuis mi-2007, Freeport est aujourd’hui dans le giron de Carlyle Groupe. Son credo ? Les villages de marques made in America. Bilan et projets…
Entretien avec Robert Hodges - Carlyle Group
Business Immo : Comment s’intègre Freeport au sein de Carlyle ? Et quel est son positionnement en matière d’immobilier commercial ? Robert Hodges : « L’acquisition de Freeport, mi-2007, a permis à Carlyle de prendre très vite des positions sur le marché de l’immobilier commercial avec des programmes d’investissement dans trois centres (Suède, République tchèque, Portugal) et plusieurs programmes en cours de développement. Freeport a été acquis par le fonds CEREP III de Carlyle qui intervient sur les actifs de bureaux, de commerces, l’hôtellerie mais aussi sur les créances performantes et non performantes. Carlyle se positionne comme un investisseur “value-added”. Et la formule développée par Freeport, spécialisé dans les “factory outlet”, présente, de ce point de vue, bien des avantages. Dans ce type de format, en effet, les chiffres d’affaires grimpent rapidement tandis que les loyers plafonnent avant de décoller. C’est à ce moment là que le “factory outlet” devient, pour un investisseur, très rentable, un véritable “operating business”. C’est le cas au Portugal, en Suède, en République tchèque où les villages de marques seront cédés d’ici trois ans environ. »
BI : Si le village de marques est un investissement aussi rentable, pourquoi attire-t-il si peu les investisseurs immobiliers ? RH : « Dans notre cas, nous avons préféré racheter une société plutôt que des actifs isolés. En effet, la valeur d’un tel produit tient souvent à la qualité de son équipe de gestion. Et celle de Freeport est excellente. Le village de marques, qui représente un excellent produit anti-crise, est aussi une spécialité. Il faut tout simplement comprendre le modèle. C’est la raison pour laquelle le secteur des villages de marques reste relativement étroit avec 4 ou 5 opérateurs reconnus seulement. »
BI : Quelles sont vos ambitions en France ? RH : « Nous allons, en février 2009, lancer les travaux du village de Roppenheim, à 45 km de Strasbourg, en Alsace et à 200 mètres de la frontière allemande. La livraison de ce centre de 23 000 m² et de 106 boutiques, qui bénéficiera d’une double zone de chalandise, est programmée pour octobre 2010. Axé sur l’équipement de la personne moyen de gamme, ce village est d’ores et déjà pré-commercialisé à hauteur de 40 %. Nous imaginons, pour ce centre qui bénéficie d’un accès routier magnifique (A35, A5), une architecture authentique aux accents de village alsacien du XIXe siècle. Nous travaillons également sur un deuxième projet qui n’a pas encore obtenu sa CDEC au Cannet-des-Maures (83). À plus long terme, nous envisageons de développer d’autres villages de marques en France. Nous avons identifié deux sites possibles. La France en compte aujourd’hui douze et la Grande-Bretagne, entre 30 et 40. La grande force de Carlyle tient à sa capacité de réaction. Si nous décelons des opportunités, nous sommes en mesure d’acheter les terrains. »
Propos recueillis par Sandra Roumi
Source : Business Immo, 16.01.09