Un “village des marques” dans le paysage commercial caennais ? Ce n’est plus une idée en l’air. Mondeville est candidate.
Après plusieurs années de tergiversations, le projet se peaufine. La communauté d’agglomération Caen-la-Mer s’intéresse de très près à ce nouveau genre de regroupement d’enseignes. Son emplacement est prévu dans le cadre du centre commercial Mondeville 2, derrière l’UGC Ciné-Cité et les nombreux restaurants du lieu, sur un ancien terrain industriel en friche situé en bordure du périphérique et de l’autoroute A13. Les villages de marques, ce sont ces magasins qui récupèrent les invendus et fins de stocks des grands noms du prêt à porter ou encore de l’aménagement intérieur. Le but est simple : vendre à prix d’usine ces produits réputés de qualité. Des rabais de 30 % minimum sont généralement appliqués. Le projet caennais prévoit de privilégier l’habillement et l’équipement de la personne. Le scénario de cette implantation a été conçu par plusieurs partenaires. Tout d’abord, la société Corio France, acquéreur des dix hectares de terrain qui jouxtent le centre Mondeville 2. Groupe hollandais d’investissement immobilier, Corio investit en France principalement dans le secteur des centres commerciaux pour un chiffre d’affaires annuel de 929 millions d’euros. Il est déjà copropriétaire de la galerie marchande de Mondeville 2. Le promoteur immobilier s’est associé au groupe Marques Avenue, implantée à Cholet depuis 2005 et concepteur notamment du centre de dégriffe de Calais. Leur investissement commun à Mondeville représenterait plusieurs dizaines de millions d’euros. Une soixantaine d’enseignes devraient y voir le jour.
Quatre projets en concurrence Hélène Mialon-Burgat, maire de Mondeville, en reste discrète, est favorable à cette implantation, à condition toutefois que les accès à Mondeville 2 soient modifiés. La construction d’un pont au-dessus du périphérique est ainsi envisagée. Ce projet se heurte cependant à une surenchère qui se développe en Normandie. Les deux seuls autres magasins d’usines actuels du Nord-Ouest se trouvent à Cholet, au sud de Nantes, et à Calais. Notre région se situe idéalement entre ces deux pôles, une place qui aiguise les convoitises en Basse et Haute-Normandie. La commune la plus prompte à réagir a été celle d’Honfleur. Son projet dénommé “Les Collines d’Honfleur”, accepté par la Commission départementale d’équipement commercial au printemps dernier, prévoit l’installation de 120 enseignes au pied du Pont de Normandie. La ville du Havre (Seine Maritime) a contre-attaqué et déposé à son tour en juin son projet de 67 boutiques baptisé “L’usine des Docks”. L’Eure n’est pas en reste avec un village “Le Haras des marques” soutenu par le ministre de la Défense Hervé Morin. Son emplacement est prévu à Boulleville, petite commune voisine de celle dont il est maire et seulement à 15 kilomètres des “Collines d’Honfleur” ! Cette concurrence ne semble pas inquiéter pour autant les deux promoteurs privés du projet caennais. Celui-ci possède un avantage important à leurs yeux : il s’intègre dans le cadre d’un centre commercial existant, dont la zone de chalandise est très vaste. Or, selon le responsable français du groupe Corio, ce sont les enseignes elles-mêmes qui détermineront le meilleur projet en décidant de s’y implanter. Il tient sans doute aussi compte de la prochaine installation du magasin IKEA et de sa galerie commerciale à Fleury-sur-Orne. Une nouvelle locomotive qui ne peut que contribuer à l’attractivité grandissante de l’agglomération caennaise. Enfin, les artisans du projet mondevillais doivent pouvoir trouver l’appui des décideurs locaux. Le premier constat laisse apparaître une motivation de tous bords. L’intérêt qui commence à se manifester autour de leur initiative pourrait accélérer la demande d’un permis de construire.
Source : www.lamanchelibre.fr, 18.10.2009