Le groupe Corio a acheté 10 hectares, derrière l’UGC Ciné-Cité, pour y construire des magasins de déstockage avec la société Marques avenue. Un investissement de plusieurs dizaines de millions d’euros.
Un terrain de dix hectares en bordure du périphérique et de l’autoroute Caen-Paris (A13), derrière l’UGC Ciné-cité du centre commercial Mondeville 2. Aujourd’hui, une friche industrielle. Demain, peut-être, un village des marques (invendus et surplus de marques). Le groupe Corio, copropriétaire de la galerie commerciale de Mondeville 2, a acquis ce terrain en 2001 pour y poursuivre son développement commercial. Le projet a végété. Avant de reprendre corps, il y a un an.
Corio s’est associé à la société Marques avenue, implantée à Cholet depuis 2005, pour monter un projet de 50 à 60 enseignes. L’investissement porte sur plusieurs dizaines de millions d’euros. Pour Florent Vallon, chef de projet chez Corio, le site de Mondeville est idéal : « Sur toute la région Ouest, il faut descendre à Cholet ou monter à Calais pour trouver un centre de marques. » Non loin, deux autres projets similaires s’affrontent à Honfleur (120 boutiques) et au Havre (67).
Un pont au-dessus du périphérique ?
Hélène Mialon-Burgat, maire de Mondeville, a reçu le promoteur de Marques avenue, il y a quelques semaines. « Il m’a confirmé sa volonté de s’implanter à Mondeville 2. » L’élue, consciente des problèmes de circulation fréquents aux abords du centre commercial, notamment les samedis, a posé une condition : « J’ai demandé à ce qu’avant de lancer le projet, les accès à Mondeville 2 soient repensés. Corio a contacté un cabinet d’études qui a fait des propositions intéressantes. » Les différents investisseurs privés du centre commercial régional ont donné leur accord pour participer au financement d’un nouvel accès. « Il s’agirait d’un ouvrage d’art qui passerait au-dessus du périphérique. »
Honfleur, Le Havre et Mondeville... Y a-t-il de la place pour tout le monde ? « Non », estime Florent Vallon, qui ne déposera pas un dossier en CDAC (commission départementale d’aménagement commercial) tant que celui-ci ne sera pas ficelé. « Ce sont les enseignes qui détermineront quel est, pour elles, le meilleur projet. Nous axons notre étude là-dessus : nous attendons tous les retours. » Corio compte sur ses acquis et sa présence commerciale : « C’est le gros avantage et c’est ce qui fera la différence. »
« Il ne faut pas se faire peur avec Honfleur et Le Havre, renchérit la maire de Mondeville. Nous avons toute légitimité à lancer ce genre d’initiative qui redonnera à l’agglomération caennaise dynamisme et rayonnement. » Une manière pour Mondeville d’assurer ses arrières face à la future concurrence d’Ikea et Inter-Ikea ? « Je ne le pense pas. Les deux ensembles seront dans une même zone de chalandise et proposeront des offres complémentaires. Avec le village des marques, nous sommes davantage sur de l’habillement, de l’équipement de la personne. » Quant aux centres-villes, « ces projets leur font souvent peur alors que nous ne sommes ni sur les mêmes enseignes, ni sur les mêmes collections ».
Pour Mondeville, le village des marques viendrait aussi occuper une friche industrielle qui fait un peu tache dans l’aménagement du territoire de la commune. « Reste la friche de Mondeville 1 à réhabiliter pour boucler la boucle et nous aurons achevé, enfin, ce centre commercial. »
Nathalie HAMON et Aurélie LEMAÎTRE.
Source : Ouest-France, 10.09.2009