"Bellegarde cherche ses marques"

" Sur les traces de Troyes, Romans et d’une douzaine d’autres villes en France, Bellegarde-sur-Valserine (Ain) veut son "village de marques". Une bouée de sauvetage pour cette ville industrielle en perte de vitesse et dont le secteur commercial, en outre, souffre de la sévère concurrence du Pays de Gex et d’Annecy. Le dossier sera déposé, fin mars, auprès de la Commission départementale d’équipement commercial qui se prononcera à l’automne. Porteur du projet, l’investisseur britannique Bergerac Outlet vise donc une ouverture du "Village des Alpes" en 2008. A proximité d’une sortie autoroutière, celui-ci s’étendrait sur vingt hectares.

Ses 135 boutiques seraient essentiellement tournées vers l’habillement et les articles de sport. Et proposeraient, sur 25 000 m2, des prix réduits de 30 à 50 % sur des produits de marques déstockés, de fin de série, de retour de vente ou de collections précédentes. Visant une clientèle de "tourisme commercial" dans un rayon de 150 km, le promoteur prévoit près de 4 500 visiteurs par jour dès la première année ! Et rappelle que, selon les études réalisées dans les villages de marques existants, 10 % de cette clientèle se déplacent, à l’occasion, dans le centre-ville, en particulier pour se restaurer. L’opération apporte, par ailleurs, une solution astucieuse pour un industriel local de prestige, Lejaby (groupe Warnaco), toujours sous la menace d’une délocalisation. Le fabricant de lingerie, à l’étroit dans ses murs du centre-ville, déménagera ses ateliers (65 pers. ; 1 000 m2) dans le village de marques lui-même, où il aura également sa boutique. Si le projet de Romans avait suscité, il y a quelques années, une opposition virulente de la part des commerçants locaux, le Village des Alpes semble générer une véritable union sacrée : la Communauté de communes a voté "pour" à l’unanimité... et l’Union commerciale de Bellegarde apporte son soutien officiel. "De toute façon, commercialement, on est déjà mort. Ce projet ne peut être que bénéfique. Et s’il ne se fait pas ici, il se fera ailleurs, en Haute-Savoie ou en Suisse voisine. Notre ville ne doit pas manquer cette occasion de rebondir", explique un responsable local. La mutation économique de Bellegarde passera-t-elle par le commerce ? L’hypothèse aurait semblé loufoque il y a peu. Elle devient aujourd’hui une vraie perspective. Investissement global : 100 ME ; création prévue de 610 emplois à temps complet et 310 à mi-temps (hors chantier), essentiellement féminins."

Source : Bref Rhône-Alpes, 8 mars 2006

 

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