Des allées vides et des locaux fermés. A la zone commerciale Factory Shopping de Messancy, à une dizaine de kilomètres de Longwy, le client se fait rare. Les commerçants, eux, restent optimistes.
En pleine semaine, difficile de trouver des clients dans les allées de la zone commerciale Factory Shopping de Messancy en Belgique. Et les soldes n’y changent rien. Dans les boutiques, les commerçants assurent connaître un regain d’activité le samedi. Une maigre consolation qui n’a pas suffi à certains pour subsister, comme l’atteste le nombre de locaux vides à ce jour. Dans cette boutique de prêt à porter féminin, une vendeuse encaisse un jeune couple qui explique être venu du Luxembourg afin de passer la journée à Messancy. « Vous n’êtes pas trop déçus ?, questionne la jeune employée. Il y a beaucoup de boutiques qui ont fermé mais quand vous aurez fait le tour, vous pourrez toujours aller à Mont-Saint-Martin, il y a un grand centre commercial et toute une zone d’activité. » Un paradoxe car sur le papier, le projet de Messancy semble pourtant parfait. Le centre de magasins d’usine concentre un large panel de vêtements de grandes marques ou d’objets griffés à des prix ultra-compétitifs, inférieurs de 30 % à 70 % à ceux pratiqués dans les commerces traditionnels. Sandra, 20 ans, est venue de Gouvy, dans la région de Bastogne en Belgique, à plus de 80 kms de là, pour faire les magasins à la Factory Shopping en compagnie de sa maman et de sa sœur. « C’est "mort". Il n’y a personne dans les allées et les boutiques. Du coup, on n’a pas très envie d’entrer dans les commerces. Et puis il y a moins d’une trentaine de cellules occupées, pour une douzaine de locaux vides ! » Finalement, les trois femmes partiront à Arlon poursuivre leurs emplettes.
Racheté par McArthur Glen
Dans les boutiques, les commerçants restent cependant optimistes. « Lors du premier jour des soldes, le samedi 3 janvier, on a fait un tiers de ventes en plus, par rapport à nos meilleurs soldes depuis notre installation en 2005. Donc on ne peut pas dire que ça ne marche pas. Mais c’est vrai que le centre n’est pas super fréquenté. Trop de boutiques sont fermées, et puis les clients n’ont rien pour se restaurer », explique Emilie, cogérante d’une enseigne de la zone commerciale, qui met tous ses espoirs dans la nouvelle direction. « Le centre a été racheté en 2008 par le groupe McArthur Glen, qui gère déjà les magasins d’usine de Troyes. Quand la nouvelle direction est arrivée, on a appris qu’on n’était pas aux normes niveau sécurité, qu’il manquait des extincteurs et que personne n’avait suivi de formation incendie… Aujourd’hui, on se sent plus encadré et surtout, on voit que la direction bouge pour faire revivre le centre. » Dans cet autre commerce du pôle commercial, la gérante est tout aussi confiante. « Les commerçants sont relativement contents car il y a eu un effort de fait sur la pub. Et puis on voit que les nouveaux propriétaires ont la motivation et l’envie de redresser la situation. Pour l’instant, de nombreuses boutiques sont encore fermées mais c’est parce que la direction veut des marques précises, susceptibles d’intéresser un maximum de gens. » Home and cook, Rebook et Adam brandstore viennent d’ailleurs de s’installer dans des cellules qui étaient vides jusque-là. Une lueur d’espoir pour les commerçants qui espèrent retrouver un pôle attractif dans les prochains mois… M. C.
Source : Le Républicain Lorrain, 24.01.2009