Belgique, Verviers : le chant du cygne de l’outlet ?

On savait que la situation de l’outlet de Verviers était difficile, le départ de Nike le prouve. C’est bien une locomotive du complexe de magasins d’usines qui s’en va. S’agit-il de son chant du cygne ? Oui, en tout cas sous sa forme actuelle... Les commerçants sont furieux.

Au mois d’août dernier, les dirigeants de l’Ardennes outlet centre présentaient un projet d’extension de 27.000 m² de leur site à Verviers-Ouest, accompagné de l’abandon du concept de magasin d’usines. Cette proposition était finalement rejetée par la Ville, mais sa petite sœur reviendra bientôt à la surface.

En effet, la situation du complexe ne s’améliore pas. Pire, trois commerces ont quitté le site ces dernières semaines, dont Nike. “ C’est sûr qu’on est dans une situation difficile, ce n’est pas nouveau, mais on travaille pour en sortir. ”

Ce travail consiste en l’élaboration d’une demande de modification du permis socio-économique. En plus d’une extension, l’outlet introduira début janvier la procédure pour ne plus être cantonné au concept de magasin d’usine, ainsi qu’au “ haut de gamme et très haut de gamme. ” En clair, il vise le “ retail ”, le commerce traditionnel ou moyen de gamme.

“ Le haut de gamme ne marche pas, poursuit Yaël Reicher. Il faut donc un centre hybride outlet et non-outlet dans une autre catégorie. On fait des études pour se diriger dans un secteur qui n’est pas encore développé dans la région. ”

Le “ retail ” ne toucherait donc pas le secteur textile, mais d’autres catégories. Comme le bricolage et jardinage, un investisseur étant intéressé à implanter un magasin de 7.000 m² sur le site. Ce qui fait grogner les commerçants locaux, Union des classes moyennes en tête qui parle de cet outlet comme d’un grand... “ bricolage. ”

Elle rappelle le contenu de la convention par laquelle l’outlet s’est engagé à offrir du haut de gamme et du très haut de gamme. “ Mais où est donc la logique dans le “ bricolage commercial ” proposé par la direction de l’Outlet ? Vendre des clous et des pots de fleurs à côté de vestons ou autres robes de luxe ? ”, se demande l’UCM dans un communiqué.

Quant au bourgmestre, il attend de voir la proposition de l’outlet avant de réagir.

Bruno Beckers

http://www.sudpresse.be, 16.12.2008

 

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