"Le 1er août ne veut pas dire la fin des bonnes affaires. Sauf que les rayons sont vides.
Petits et grands distributeurs sont unanimes : les soldes d’été qui se sont terminés hier 31 juillet ont été un véritable succès.
Les chiffres ne sont peut-être pas tout à fait identiques, mais ils ne sont pas contradictoires. La Fedis, Fédération des distributeurs, annonce une hausse du chiffre d’affaires de 8 pc dans le segment des chaussures, et de 4 pc dans celui des vêtements, par rapport aux soldes d’été de l’année passée. Selon un sondage réalisé par le Syndicat national des indépendants (SNI), le cru 2006 s’est avéré meilleur que celui de 2005 pour 30 pc des commerçants de détail indépendants et aussi bon pour 68 pc d’entre eux. Seuls 32 pc ont enregistré cette année des rentrées inférieures à celles de l’année dernière. Au total, les recettes des soldes d’été dépassent de 3,2 pc celles de 2005.
Les raisons de ce succès sont multiples : une météo exceptionnelle enregistrée en juillet, incitant les clients à se jeter sur les tops, shorts et autres sandales ; le fait que les soldes ont, cette année, débuté un samedi, jour faste par excellence ; l’abondance des stocks, le printemps maussade ayant laissé invendu un tiers de la collection ; et, de ce fait, les ristournes « conséquentes » accordées dès le premier jour. Selon la Fedis, le week-end d’ouverture fut... « tonitruant », avec une hausse moyenne du chiffre d’affaires de 15 à 20 pc les 1 éme r et 2 juillet. Les ventes ont ensuite légèrement reculé au cours de la deuxième semaine, pour se reprendre au cours de la seconde quinzaine, quand débutèrent les fortes réductions : les 14 premiers jours, les diminutions oscillaient entre -30 et -50 pc, depuis la mi-juillet, elles sont passées à la vitesse supérieure de -50 à -70 pc.
Toujours est-il qu’en termes de vente, bon nombre d’articles ont trouvé preneur. Depuis une dizaine de jours, la plupart des rayons sont déjà passés à la nouvelle collection, l’ancienne étant repoussée soit au fond du magasin, soit aux étages s’il y en a.
Et cela pourrait encore durer quelques jours. Car si, sur papier, les soldes sont aujourd’hui clôturés, rien n’empêche les commerçants de continuer à tenter d’écouler leur marchandise, plutôt que de la conserver pour la saison ou les soldes de l’an prochain ou de la liquider dans des magasins d’usine ou chez des soldeurs professionnels.
Comme le confirme la Fedis, ils peuvent créer un coin « bonnes affaires » ou conserver quelques bacs « prix bas », à condition de ne pas utiliser les termes « soldes » et consort, et, surtout, de ne pas barrer les prix sur les étiquettes. Mais en réalité, rares sont ceux qui continueront à solder après les soldes. « Cela consomme de la place, conclut la Fedis, et donc coûte beaucoup d’argent, surtout si la nouvelle collection attend dans les cartons. »"
Source : www.lalibre.be, La Libre Belgique, 1er aout 2006