C’est l’effet balancier. À Verviers, deux dossiers à rallonge se disputent les feux de la rampe. Quand ce n’est pas la saga Foruminvest, c’est le flop de l’Outlet. Bingo. Hier, Luke Comer était à Verviers pour l’annoncer haut et fort : « My shopping center is not for sale ». Traduction : l’outlet n’est pas à vendre. Le propriétaire du site et président du groupe Comer avait fait le voyage expressément depuis ses contrées britanniques natales pour faire taire les rumeurs. Il veut donner un nouveau cap au centre. Sa stratégie pour le relancer : combiner de l’habillement de type « Outlet » à du commerce traditionnel (« retail ») de jardinage, d’ameublement et d’éco-construction. Et passer de 10 000 à 23 000 m2 de surfaces de vente nettes. Ce qui implique de modifier le permis socio-économique du complexe de magasins d’usine.
Réponse dans 75 jours
Un dossier de demande a officiellement été déposé en ce sens mardi à la Ville de Verviers après la tentative de cet été. « Il s’agit de la première étape administrative afin d’appliquer notre nouvelle stratégie de mixité du centre au cours des 3 prochaines années, explique Yael Reicher. L’avis des instances de la Ville est attendu d’ici 75 jours. Avant les éventuels recours régionaux et fédéraux... »
Mais la directrice du centre ne conçoit pas l’échec. C’est simple, pour elle, si le complexe reste un centre uniquement « Outlet », ce n’est pas rentable à Verviers. Yael Reicher avance trois explications. « Primo, dans le secteur du textile traditionnel, les prix ne cessent de baisser, ce qui nous place en situation de concurrence aiguë. Deuzio, on voit apparaître des outlet centres dans les Villes. Les gens ne font plus autant de kilomètres qu’avant pour faire de l’outlet shopping. Enfin, le potentiel d’extension du site n’est pas suffisant si on veut rester uniquement dans le commerce Outlet. On table aujourd’hui sur 30000 à 40000 m2. » Par ailleurs, cette ancienne de Maasmechelen Village le dit et le redit : l’ouverture dominicale systématique est indispensable pour attirer la clientèle néerlandaise et allemande. Elle leur aurait d’ailleurs été promise avant l’ouverture du complexe, dixit Luke Comer. « Le fait que nous ne l’ayons pas obtenu explique le départ de plusieurs enseignes. Quand Nike a fermé, ils nous ont dit qu’ils faisaient 60 % de leur chiffre le dimanche dans d’autres Outlets », assure Yael Reicher.
Public régional en semaine
À l’inverse, la concrétisation de ce projet doit servir de « levier commercial à Verviers » : « Il permettra d’optimiser la zone de chalandise et d’augmenter le trafic. Les Outlets attirent traditionnellement une clientèle venue de loin le week-end. La mixité permettra d’attirer un public plus régional en semaine. Cela contribuera à ramener le consommateur vers le centre-ville. Grâce à une offre complémentaire et non concurrente de l’offre verviétoise actuelle et future. Et en parfaite synergie avec le boulevard de Gérardchamps, autour duquel une grande zone de retail verra le jour. »
Les éléments clés du projet : des cellules commerciales plus vastes et des enseignes pratiquants des politiques de prix très concurrentielles « sur le modèle allemand ». Plusieurs enseignes auraient déjà marqué leur intérêt. « Logique, conclut Yael Reicher. Notre projet correspond à un manque sur Verviers. L’étude de marché approfondie que nous avons réalisé l’été dernier le prouve. »
Source : www.actu24.be, 15.01.2009