Belgique : L’Outlet de Verviers ne pourra pas se diversifier

La demande d’extension et de diversification de l’Outlet centre a été rejetée. La Ville de Verviers veut se mettre autour de la table avec la direction du magasin.

Non. L’Ardennes Outlet Centre ne pourra ni s’agrandir de 13000 m², ni mixer ses activités en accueillant à côté des magasins d’usine du commerce traditionnel dans les secteurs de l’ameublement et du jardinage. Sa demande de modification du permis socio-économique a été rejetée par le comité socio-économique national à Bruxelles. En tout cas, c’est ce qu’affirme l’Ardennes Outlet Centre car le verdict n’a pas encore été communiqué officiellement. "De toute façon, la Ville de Verviers était représentée ce mercredi lorsque nous avons défendu notre position et son avis était on ne peut plus clair Et comme c’est le collège communal de Verviers qui tranche au final ", signale Yaël Reicher, directrice de l’Ardennes Outlet Centre.

Revoir le projet à la baisse

La Ville de Verviers est bien consciente des difficultés de l’Ardenne Outlet centre. Mais pas question pour elle "d’accepter tout et n’importe quoi". "L’Outlet ne nous a pas consultés avant d’introduire cette demande, soutient l’échevine des Affaires économiques, Muriel Targnion (PS). On est très sensible aux 45 emplois (N.D.L.R. : 45 temps plein auxquels s’ajoutent 27 temps partiel) de l’Outlet mais on ne peut pas risquer de mettre en péril les milliers d’emplois des commerces du centre-ville et de la périphérie".

D’accord donc pour agrandir le site mais de façon limitée - la Ville parle de 6000 m² - d’accord aussi pour diversifier l’activité de l’Outlet mais dans certains secteurs et pour accueillir certaines enseignes. "La région verviétoise est déjà saturée d’enseignes dans le secteur du jardinage et du bricolage. Cela ne sert donc à rien d’en amener des nouvelles, affirme Muriel Targnion. Par contre, on est favorable à l’accueil d’enseignes dans le domaine de l’ameublement. Mais pas n’importe quel type d’ameublement. On ne souhaite pas du bas de gamme. On préfère plutôt du moyen et du haut de gamme. Mais l’Outlet ne sait pas quelles enseignes vont venir et donc, ne peut rien nous garantir".

Nécessité d’être deux

L’Outlet verviétois ne demande pas mieux que de se mettre autour de la table pour discuter. "Mais dans un dialogue, il faut être deux et il faut une certaine ouverture d’esprit, critique ainsi Yaël Reicher. Le problème, c’est que la Ville voit surtout le dossier à sa manière. Nous sommes là pour essayer de sauver le centre mais nous sommes aussi des investisseurs. On va donc devoir franchement réfléchir. On n’est pas là pour mettre de l’argent dans un projet qui n’est pas rentable et où on n’arrive pas à trouver une solution. Ici, on n’a que la solution que la ville nous impose. Ce n’est pas un dialogue et on n’est pas les seuls à avoir un problème à ce niveau-là".

Pour la direction de l’Ardennes Outlet Centre, impossible de rentabiliser le magasin d’usine s’il ne peut pas s’agrandir et ouvrir le dimanche. Avec "seulement" ses 10000 m², Verviers souffre en effet de la concurrence de quatre autres "outlet" qui dépassent tous les 20000 m² et profitent le dimanche d’une clientèle touristique. L’ouverture de magasins traditionnels dans l’ameublement et le jardinage avait pour but de pallier à l’impossibilité d’ouvrir le dimanche en étalant la fréquentation de l’Outlet sur toute la semaine. Mais ce projet doit être rangé dans les cartons. L’Outlet va essayer de dégager une autre solution "intelligente et rentable". Si non, il pliera bagage ? "On veut essayer de trouver une solution, répète Yaël Reicher, directrice de l’Ardennes Outlet Centre. Mais la position de la ville rend les enseignes nerveuses. Elles se disent que si la Ville ne comprend rien au système outlet, pourquoi ne pas aller ailleurs".

Aurélie Michel

Source : www.lalibre.be, 12.03.2009

 

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