| Atelier animé par |
| Olivier Dauvers Tribune Grande Conso |
| Intervenants | |
| Emmanuel de LABARRE Directeur Général Eurelia | Marion Kahn-Guerra avocate Cabinet BMS |
Echanges avec la salle
Jean-Pierre LEHMANN (Président de la Fédération Nationale des Centres Villes)
L’ouverture dominicale oblige les commerçants à doubler leur masse salariale et donc à augmenter leur marge. En Europe, la clientèle transfrontalière risque de fuir en raison de la hausse des prix ainsi provoquée. Par exemple, les prix pratiqués en Belgique deviendront encore plus attractifs. Dans les autres pays, le travail le dimanche est-il payé trois fois plus que le travail en semaine ?
Marion KAHN-GUERRA
Des compensations salariales sont établies.
Jean-Pierre LEHMANN
L’ouverture dominicale est, pour les commerces de centres–ville, de faire du chiffre d’affaire avec les touristes. Mais aucun commerçant n’a envie de travailler le dimanche.
Jean PAPILLON (Président de la Confédération Française de la Chaussure)
Une enquête de France Inter le 3 mars indique que sur 6 000 consommateurs, 75,02% sont contre l’ouverture le dimanche. L’ouverture le dimanche profite uniquement à ceux qui ont beaucoup de personnel. Le petit commerce risque de mourir si les ouvertures sept jours sur sept se concrétisent.
Emmanuel de LABARRE
75% des Français ne veulent pas travailler le dimanche.
Chloé RICHARD (Communauté d’agglomération troyenne)
Est-ce que la spécialisation de la législation sur les zones touristiques a des chances d’aboutir ?
Emmanuel de LABARRE
Cette question renvoie plus aux comportements des gens qu’aux enjeux économiques. Les gens se comportent différemment quand ils sont en vacances. Le commerce doit s’adapter aux besoins du client.
Olivier DAUVERS
Mais comment être sûr que la société est prête pour ce changement ?
Neil CHAPMAN (Chameleon)
Le gouvernement français autorise t-il la vente en ligne sur Internet les dimanches en France ? Est-ce que cela a un impact sue le petit commerce qui ne peut pas lutter efficacement contre les grandes sociétés qui exploitent des sites internet ? En deuxième lieu, j’ai développé un centre commercial en Angleterre dans une ville très déclassée où personne n’aurait cru que ça marcherait. Nous avons développé ce centre comme une destination en y ouvrant des restaurants et des activités de loisir. C’est devenu l’un des centres commerciaux les plus visités en Angleterre, notamment les week-ends, parce que les familles peuvent y passer un moment agréable ensemble et y prendre du plaisir. Lorsque les gens sont décontractés, ils sont davantage enclins à dépenser de l’argent.
Marion KAHN-GUERRA
Le commerce sur Internet ne répond pas aux mêmes besoins. En dehors du téléchargement, les biens achetés ne sont pas obtenus immédiatement.
Emmanuel de LABARRE
Internet n’est pas le problème. Le consommateur change, le commerçant doit savoir s’adapter. Il ne s’agit plus d’une question de commerce uniquement mais d’une question de société.
Jacques MARY
Disposez-vous de données comparatives sur le chiffre d’affaires réalisé le dimanche par rapport à la semaine ?
Emmanuel DE LABARRE
Quand les enseignes nationales (Ă l’exclusion des hypers et des supermarchĂ©s), ouvertes habituellement six jours sur sept, ouvrent un dimanche, Ă lui seul, ce jour reprĂ©sente 20 Ă 30 % du chiffre d’affaires hebdomadaire. En revanche, quand les magasins sont habituellement ouverts sept jours sur sept, le dimanche totalise « seulement » entre 18 et 20% du chiffre d’affaires. L’effet bonus de l’ouverture le dimanche (pour un magasin ouvert six jours sur sept) se situe entre 10 et 15% de recettes supplĂ©mentaires. Cette augmentation atteint entre 15 et 20% pour les magasins ouverts sept jours sur sept.
Le calcul de la marge brute rĂ©alisĂ©e - incluant les charges - montre qu’à partir de 24% d’augmentation du chiffre d’affaires, l’opĂ©ration « ouverture le dimanche » devient rentable.
Marion KAHN-GUERRA
Les propositions de loi sur le travail dominical ne sont pas radicales car elles reposent sur le volontariat des salariés, même si cette notion est ambiguë.
Bernard GONTIER (1er Vice-Président de la CCI de Saumur)
Il ne faut pas confondre la possibilité d’ouvrir le dimanche et l’obligation d’ouvrir le dimanche. Les interprétations des chiffres et des sondages sont aléatoires. Il faudrait laisser aux commerçants la liberté d’ouvrir le dimanche car la société s’adapte naturellement.
Brigitte MAULEON (Commerçante et membre élu de la CCI de Tours)
Trouver du personnel pour travailler le samedi est déjà difficile ! Dans le petit commerce spécialisé, il est ardu de faire travailler des étudiants.
Olivier DAUVERS
Les foires aux vins dans les supermarchés sont un contre-exemple : des bouteilles à 300 euros se vendent sans conseiller qualifié. Notre débat porte sur les dimanches et les jours fériés. L’offre crée la demande. Mais d’un point de vue sociétal, je suis contre l’ouverture le dimanche.
De la salle
Les centres de marques souhaitent accueillir du tourisme et offrir du loisir. On ne peut pas comparer le commerce de centre-ville avec les centres de marques ou les Champs Elysées qui ont une vocation particulière.
De la salle
Je suis favorable à une ouverture dominicale décidée par les maires car, très souvent, ils consultent les commerçants.