Amiens - Happy Day Shopping : manne ou menace ?

Lancé en 2007 dans un large consensus, le projet de zone commerciale Happy Day Shopping n’en finit plus de diviser. Prévue sur la commune de Villers-Bretonneux, en bordure de l’A29, la création d’un pôle d’équipements de la maison et de deux restaurants était une initiative de la CCI d’Amiens. Laquelle conteste à présent ce projet devenu « pharaonique » sous la houlette d’Alain Babaut (UMP), président de la communauté de communes Val de Somme, et de l’aménageur Alain Chitrit. « En passant de 8 000 mètres carrés initialement prévus à 45 000 mètres carrés de surface marchande avec un village de marques, il met en péril la cohérence commerciale du territoire », déplore Bernard Désérable, président de la CCI. Il y voit une concurrence directe avec les enseignes du centre-ville d’Amiens, qui ne compte que 40 000 mètres carrés.

Pour sa part, Alain Babaut estime qu’un tel projet pourrait créer entre 300 et 500 emplois. Le maire de Corbie a signé une promesse de vente en décembre avec Alain Chitrit. Au tarif de 10 euros le mètre carré pour l’ensemble du terrain de 15 hectares. « De tels prix cassent le marché, soupire Jean-François Vasseur, vice-président d’Amiens Métropole (PS), qui craint que la zone ne se transforme en simple solderie. C’est une vente en blanc, car personne ne sait quelles enseignes Chitrit pourra attirer. » Affirmant connaître quelques noms qu’il refuse cependant de dévoiler, Alain Babaut assure que « des engagements de part et d’autre protègent de toute défaillance et que tout sera fait pour limiter la concurrence directe avec les commerces d’Amiens ». Ce qui ne convainc pas le camp d’en face. Le permis de construire devrait être déposé fin mai. Il reviendra aux membres de la Commission départementale d’aménagement commercial, nommés par le préfet, de donner leur avis sur la question. Mais le dossier est loin d’être clos. Pour lutter contre le futur géant Happy Day Shopping, des associations de commerçants des trois départements picards viennent de se constituer en collectif. A suivre...

Source : www.lepoint.fr, 02/04/2009

 

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