Alain Salzman, président de Marques Avenue : « Discuter autour d’une table »

Pause. C’est décidé, le projet d’implantation de l’enseigne Marques Avenue à Levernois est suspendu pour cinq à six semaines, le temps de reprendre plus sereinement les négociations.

Objectif de cette trêve, mettre en place un projet consensuel et collégial. Pour cela, il est primordial d’instaurer une synergie entre l’enseigne et le territoire. Problème, le maire de Beaune, Alain Suguenot, fait de la résistance. « Depuis quinze ans, j’ai toujours pu rencontrer et travailler en collaboration avec les élus de façon dépassionnée. C’est la première fois qu’un maire refuse tout dialogue », déplore Alain Salzman, président de Marques Avenue. « Il n’aurait pas reçu le dossier du projet d’implantation. Néanmoins, je lui ai envoyé des courriers détaillés et argumentés, restés à ce jour sans réponse, lui décrivant ma proposition et mon envie de le rencontrer », poursuit-il. Conscient de l’importance du bon accueil du projet, Alain Salzman a aussi pris cette décision suite aux recommendations de Benoît de Charette, président de la chambre de commerce et d’industrie de Beaune. « Compte tenu du rôle économique et social que pourrait tenir Marques Avenue dans la région, cela mérite qu’on en discute autour d’une table. C’est également la position de Benoît de Charette », poursuit-il. « D’autant que le projet semble susciter beaucoup d’espoir. D’ailleurs, j’ai confié à Ipsos le soin de réaliser un sondage pour interroger les Beaunois sur l’image de l’enseigne et l’accueil de son implantation ». De l’espoir certes, mais aussi beaucoup d’inquiétude. Notamment du côté des commerçants qui ont tenu une réunion de crise jeudi soir à Beaune, pour s’entendre sur la création d’un collectif et peser sur les décisions liées au projet. Crainte principale, la désertification des centres-villes. « Plus que les implications d’un tel projet, ce que nous déplorons, c’est l’absence totale de consultation des commerçants », remarque Benoît Willot, président de la branche commerce de la CGPME. « Nous sommes donc ravis que le dossier Marques Avenue soit suspendu », déclare-t-il. « Ce délai va nous permettre de réfléchir sur les avantages et les inconvénients de cette implantation de manière concertée et unie. » « Je comprends les inquiétudes et les interrogations de certains, concède Alain Salzman, mais depuis que Marques Avenue existe, il a été prouvé que l’enseigne ne détruit pas le commerce local. Au contraire, nous sommes susceptibles d’attirer un million de consommateurs supplémentaires pour la ville de Beaune. » « Il faudrait d’abord regarder les destructions d’emplois que cela générerait », répond à cela Benoît Willot. Pour l’heure, pas d’examen du projet tant que les principaux intéressés ne se sont pas rencontrés. « Si M. Suguenot s’entête à fermer totalement la porte après tous ces efforts, nous aurons la courtoisie de passer notre chemin. En attendant, je reste convaincu qu’une démarche de collaboration est encore possible ». La Gazette a contacté la mairie de Beaune par acquis de conscience. Comme pour Marques Avenue, Alain Suguenot reste sans voix.

par Marion Perroud

Source : www.gazette-cotedor.fr, 11/03/2009

 

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