" La Commission d’équipement commercial se prononce aujourd’hui sur le projet de Village des marques de Pantheon Retail. Le Village des marques de Saint-André-de-Cubzac sera fixé sur son sort aujourd’hui. La Commission départementale d’équipement commercial (CDEC) va donner son avis sur ce projet de 110 boutiques et de 25 000 mètres carrés de surface de vente. Le dossier avait été déposé le 9 février dernier devant la CDEC par Pantheon Retail, le groupe auquel la Communauté de communes (CdC) du Cubzagais a confié la réalisation et la gestion de ce projet unique dans le Grand Sud-Ouest. Pour que celui-ci voie le jour, l’avis favorable de quatre des six membres de la CDEC est nécessaire. Aujourd’hui seront réunis autour de la table les représentants de la CdC du Cubzagais, de Saint-André-de-Cubzac, de Blaye, des consommateurs, de la Chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux (CCIB) et de la Chambre de métiers et de l’artisanat de la Gironde. Des aspects touristiques et culturels autour du vin. Depuis le 1er mai, à la faveur d’un redécoupage administratif, Saint-André-de-Cuzac est rattaché à l’arrondissement de Blaye ; la ville de Bordeaux, réticente – sinon hostile - à ce projet, n’a donc plus son mot à dire. De fait, le futur Parc du Cubzac peut logiquement compter sur l’avis favorable des trois collectivités territoriales concernées. "On ne va pas vendre la peau de l’ours, mais on a beaucoup travaillé sur ce dossier", confie Christian Mabille, président de la CdC. "Ce ne sera pas un centre Commercial mais un projet économique avec des aspects touristiques et culturels autour du vin." L’investissement est chiffré à 50 millions d’euros et, à terme, 2 millions de visiteurs sont attendus. Des personnes qui ne seront pas seulement conviées à acheter des vêtements de marques mais aussi à séjourner sur place et à visiter la Gironde. Dans le Cubzagais, on relativise l’éventuelle concurrence avec le Quai des marques mis en chantier entre-temps dans les hangars bordelais. Ce dernier, d’une taille plus petite (10 000 mètres carrés, 40 boutiques), "sera davantage concurrent des commerces de Bordeaux", note Christian Mabille en ajoutant : "Y a-t-il trop de concentration commerciale sur la CUB ? Ce n’est pas à nous de trancher." Si l’on peut supposer que le Village des marques trouvera un autre avis favorable chez les consommateurs, des incertitudes pèsent encore sur le vote de la CCIB et de la Chambre de métiers. Dans les deux organismes consulaires, le projet fait débat et ne recueille pas l’unanimité. La Chambre de métiers a nommé une chargée de mission. La CCIB a fait réaliser en mai une "étude d’opportunité". Mérignac-Chemin-Long serait pénalisé. Celle-ci évalue entre 1,5 et 4 % la baisse du chiffre d’affaires qu’entraînera le Village des marques sur le commerce local. Entre 30 et 55 petites boutiques traditionnelles (vêtements, chaussures) pourraient ainsi disparaître dans la "zone primaire" correspondant à un trajet d’une demi-heure en voiture. Les retombées seraient "minimes" sur le commerce du centre-ville de Bordeaux. Mais une dizaine d’enseignes de magasins d’usine de Mérignac-Chemin-Long pourraient se "délocaliser" à Saint-André-de-Cubzac. A l’opposé, l’étude de la CCIB parle de l’opportunité de disposer d’un tel concept en Gironde. La France compte actuellement douze Villages de marques, mais aucun dans le Grand Sud-Ouest. Un projet, près de Tarbes, a été refusé cet été par la CDEC des Hautes-Pyrénées. La CCIB note que celui de Saint-André-de-Cubzac entre dans le cadre d’un projet de développement, "ce qui lui conférera une autonomie importante par rapport à son environnement". Le chiffre d’affaires escompté par Pantheon est de 76,3 millions d’euros et 500 emplois (en équivalent temps plein) devraient être créés. Des éléments qui pèseront aussi mercredi dans le vote des deux chambres consulaires."
Source : Sud Ouest, 11 octobre 2006, GIRONDE