A Tournus : le village de marques piétine

"Jeanny Lorgeoux annonce un nouveau projet de centre de marques à Romorantin. Est-il solide ? Romorantin est loin d’être seule à postuler à un centre de marques. L’on découvre qu’Unibail, le promoteur du dossier plaidé par le maire, vient d’emporter l’accord de la Commission départementale d’équipement commercial (CDEC) de Seine-et-Marne pour 12.000 m², à Lieusaint : 30 km au sud de Paris, 10.000 habitants. L’Observatoire européen des centres de marques et magasins d’usine recense quinze projets français, à divers stades d’avancement. Les surfaces vont de 3.500 m² (dix-neuf boutiques aux Herbiers, en Vendée), à plus de 23.000 m² et 120 boutiques à Roppenheim (Bas-Rhin). Ce village de marques devrait ouvrir fin 2007, malgré une forte opposition locale. L’affaire a été arbitrée par le Conseil d’Etat, en mai dernier. Plus intéressant est le cas de la petite ville de Tournus, en Saône-et-Loire. Elle offre des caractéristiques proches de Romorantin : 6.000 habitants, proximité de l’A6, de la Nationale 6, du noeud autoroutier de Mâcon. La clientèle suit l’axe nord-sud : Paris-Lyon-Marseille. Son projet « Tournus fashion village » a été lancé en 2001. 10 hectares, 100 commerces, 14.500 m² de surface de vente, dont 1.000 m² réservés aux artisans locaux et 400 m² pour la promotion des produits du terroir, plus une maison du tourisme, une maison des expositions, soit 35 millions d’euros d’investissement. Ce village de marques haut de gamme ciblerait une fréquentation annuelle d’un million de visiteurs, pour un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros et 450 emplois. Le promoteur est britannique : GVA (Collyer Coxhead Developpements). Un référendum local, en février 2004, a largement appuyé le projet : 87 % « pour ». Pourtant, la CDEC s’y oppose en juillet 2004, chambre de commerce et d’industrie en tête. La commission s’est de nouveau réunie la semaine dernière et signifié un nouveau refus, malgré le revirement de la CCI. Un arbitrage doit être prochainement demandé à la commission nationale d’équipement commercial (CNEC). Entre-temps, un projet concurrent a été annoncé à Bellegarde-sur-Valserine, dans l’Ain, à tout juste 130 kilomètres de Tournus, sur l’A40. Il est porté par un autre promoteur britannique."

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest, 12 octobre 2006, Edition LOIR ET CHER

 

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